Dossier CHINE : 6 - La qualité
En exportant des usines en Chine, pour profiter d'une main d'oeuvre moins chère, les entreprises ont augmentées leur concurrent à leur insu. En effet, cela a permis aux chinois de copier le savoir faire. Aujourd'hui ils sont donc capable de produire eux-même les produits les plus divers.
Par contre, divers études ont prouvées que la qualité n'était pas au rdv. Les jouets ne respectent pas les critères de qualité européene. Donc les jouets se déchirent, brûlent vite, contiennent de petites pièces avec lesquelles l'efant peut s'étouffer, ...
Plus inquiètant, la Chine est montrée du doigt par de récentes découvertes de produits toxiques dans des produits alimentaires.
Y a-t-il UNE GUERRE COMMERCIALE ENTRE LA CHINE ET LES ETATS-UNIS ?Jean-François Huchet.
«Le problème de sécurité avec le made in China est bien réel»
Tous les lundis, un expert décrypte une question d’actualité. Aujourd’hui,
Par (à Pékin) PASCALE NIVELLE lundi 10 septembre 2007
Acoup de «dentifrices empoisonnés» et de poupées au plomb, la Chine et les Etats-Unis (et dans une moindre mesure, l’Europe) se livrent à une guerre commerciale depuis plusieurs mois. L’économiste Jean-François Huchet la décrypte.
La qualité des produits made in China - jouets, aliments, nourriture pour animaux, médicaments, etc. - est attaquée de toutes parts, aux Etats Unis surtout, mais aussi en Europe. Découvre-t-on le problème ?
Il existe depuis longtemps des problèmes de contrefaçon et de sécurité alimentaire ou pharmaceutique en Chine. Mais la succession inédite de scandales, qui a commencé au printemps avec la nourriture pour les animaux, provoque une rupture de confiance en Occident sur les produits exportés par la Chine. Au fur et à mesure des scandales, le contrôle s’amplifie et, donc, on fait de nouvelles découvertes.
Ce qui a changé, ce sont les volumes d’importation de produits chinois, notamment aux Etats-Unis : les firmes occidentales produisent de plus en plus en Chine, directement ou via la sous-traitance, pour réexporter. Du côté chinois, l’organisation de la production, de plus en plus divisée entre des sous-traitants, n’est pas propice à la qualité et la sécurité des produits. Les entreprises chinoises adaptent la qualité de leurs produits aux normes des pays dans lesquels elles exportent, réglementations qui diffèrent (teneur en plomb, nombre de tests…) selon qu’il s’agit des Etats-Unis ou de l’Amérique du Sud. Les autorités chinoises sont débordées par cette organisation du travail très éclatée.
Au-delà des scandales, n’assiste-t-on pas à une réaction protectionniste des pays industrialisés ?
Bien sûr, à Bruxelles ou Washington des gens utilisent la situation pour faire avancer des mesures protectionnistes. Plusieurs dossiers se superposent : la sous-évaluation du yuan qui favorise les exportations chinoises, l’énorme déficit commercial américain, les intérêts des entreprises occidentales soumises à la concurrence chinoise… Tout cela complique la donne. Mais le problème de la sécurité des produits made in China est bien réel. Il n’est pas entièrement manipulé par l’Union européenne ou les Etats-Unis, comme l’affirme Pékin pour se défendre.
Ces pays, qui ont délocalisé en masse en Chine, n’ont-ils pas leur part de responsabilité ?
Ils ont délocalisé sciemment dans des pays où l’on sait que les lois ne sont pas respectées : ils savent sur quel terrain ils opèrent. Mattel, par exemple, a une organisation pyramidale impressionnante avec des centaines de sous-traitants en Chine. La pression sur les coûts est énorme et la concurrence féroce entre les sous-traitants, surtout ceux qui sont au bas de la pyramide et se battent pour accéder aux marchés des multinationales. Celles-ci font des marges énormes sur le dos des producteurs chinois, qui ne touchent que 5 à 10 % de la valeur ajoutée du produit. La conséquence, ce sont les heures supplémentaires non-payées, les journées dépassant douze heures, le travail des enfants et les accidents de qualité qui se multiplient. Le contrôle coûte très cher. Les multinationales ont beau jeu ensuite de décrier le made in China. On devrait plutôt parler du «made by China » [fabriqué par la Chine, ndlr] !
C’est la règle du jeu pour toutes les multinationales ?
Non, heureusement. Ikea, par exemple, estime devoir assumer sa part de responsabilité et accompagne ses sous-traitants lors des pics de production. Certaines firmes aident les entreprises chinoises à répondre à ces hausses de demandes.
Que pensez-vous du mode de défense de la Chine ?
La crise est violente, sans équivalent jusqu’à présent. Face à ce déluge de scandales, la réaction de la Chine est assez maladroite, comme souvent. En interne, ils appuient sur le bouton du nationalisme et renvoient la balle aux accusateurs. Au début, notamment, ils ont riposté en contrôlant et décriant les produits étrangers importés. Mais au fil des mois, ils se sont rendu compte que cette artillerie lourde de la propagande contre les Etats-Unis n’est pas très constructive. Ils semblent maintenant avoir à cœur de résoudre le problème comme ils ont commencé à le faire pour la propriété intellectuelle. Ils évoluent vers quelque chose de plus raisonné et plus organisé : les contrôles à la douane, l’inspection dans les entreprises ont été renforcés, des punitions sont annoncées, des agences spéciales ont été créées. Tout cela fait l’objet d’annonces dans la presse. Il y a aussi urgence à rassurer la classe moyenne chinoise, bien informée et sensible aux problèmes de sécurité.
Y a-t-il un risque réel pour le made in China ?
L’inquiétude est palpable. Plusieurs enquêtes montrent une dégradation de l’image de la Chine dans le monde, surtout aux Etats-Unis et en Europe. Un récent sondage NBC-Wall Street, notamment, montre que 65 % des Américains ont peu, ou pas, confiance dans les produits importés. Et 82 %, selon une autre enquête Zogby, sont préoccupés par la qualité des produits chinois, dont deux tiers se déclarent favorables à un boycott tant que Pékin n’aura pas renforcé ses règles de sécurité. Le danger d’un effet boule de neige sur les produits chinois est réel. Il est pris très au sérieux par les responsables chinois.